Le 4 janvier 1960 disparaissait Albert Camus
Pascal Pia doit fonder un nouveau journal "Pas comme les autres", concurrent de l'Echo d'Alger : il s'appellera Alger Républicain.
Pia a des idées révolutionnaires sur l'Algérie, qui séduisent le jeune Camus. Il considérait qu'on ne maintenait pas éternellement un peuple en tutelle sur sa propre terre, qu'à travail égal, le salaire d'un Arabe devait être le même que celui d'un Européen, que l'enfant arabe avait droit à l'école et ses parents aux lois sociales.
La structure du journal étant réduite, les employés occupaient tous les postes. Ainsi, Camus va des faits divers aux éditoriaux en passant par les critiques littéraires et les grands reportages. On peut dire qu'Alger Républicain a été son école pour le journalisme. Le métier de reporter lui a inculqué le sens du concret et le dégoût de la formule hermétique.
Les articles de Camus tranchent violemment sur ceux de la presse conformiste algérienne. Cette différence est notamment visible dans trois affaires qu'il a couvertes :
L'affaire Hodent : Il prouve qu'un commis de ferme est innocent du vol dont l'accuse un richissime colon.
L'affaire El Okby : Il démontre l'innocence d'un Musulman inculpé d'assassinat sur ordre des Pouvoirs.
L'affaire de la Marinière : Il s'insurge contre les conditions de transport des forçats français.
Le Gouvernement Général trouve insupportable le style de Camus dans son grand reportage "Enquête en Kabylie", publié en 1939. "Il est méprisable de dire que le peuple Kabyle s'adapte à la misère. Il est méprisable de dire que ce peuple n'a pas les mêmes besoins que nous... Il est curieux de voir comment les qualités d'un peuple peuvent servir à justifier l'abaissement où on le tient et comment la frugalité proverbiale du paysan Kabyle est appelée à justifier la faim qui le ronge." Suite à cette série d'articles, une censure est mise en place qui aboutira à l'exclusion de Camus du journalisme algérois ; de plus, il ne pourra retrouver de travail à Alger.L'affaire El Okby : Il démontre l'innocence d'un Musulman inculpé d'assassinat sur ordre des Pouvoirs.
L'affaire de la Marinière : Il s'insurge contre les conditions de transport des forçats français.
* Mon père dirigea ce même jounal de 1947 à 1951 et Henri Alleg lui succéda.
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