A mes poilus, à mes grands-pères
Lazare Ponticelli avait finalement accepté des obsèques nationales, pour avoir une pensée sur ses amis morts au combat mais « sans tapage, ni grand défilé ».
C’était sans compter sur l’ego de notre président et de sa gouvernance.
Il y a donc eut grande messe et hommages aux Invalides !
Mais il n’est pas question que ces gens là mettent mes grands-pères et leurs copains dans le même discours.
A Georges, le père de ma mère, à Victor, le père de mon père et à leurs frères d’armes, qu’on me permette de rendre un hommage digne d’eux, de leurs engagements politiques et sociaux, sans messe et tralala la.
Entre Victor, le libre penseur, et Georges, l’anti-clérical, j’ai grandi dans le respect de la laïcité et de la liberté et j’ai cru à la liberté et à la fraternité. Mon enfance est parsemée de souvenirs heureux et souvent liés à ces idéaux.
La guerre de 14-18, ils l’ont vécue, et douloureusement. La guerre de 39-44, ils l’ont subit, non plus sur le front mais en partie en prison pour leurs idées politiques.
Ils étaient profondément contre tous les honneurs récupérateurs. Toute leur vie durant, ils ont refusé décoration et participation à ces pseudos hommages qui ne mettent en avant que les hommes qui ont commandité les guerres et non ceux qui y sont morts.
Ils peuvent toujours essayer de récupérer Jean Moulin ou Jaurès, et maintenant Lazare, mais moi vivante, ils n’auront pas mes grands-pères !